Encore une page et j’éteins


La lecture est-elle indispensable à l’écriture? Je n’en suis pas sûre. Mais il est sûr en revanche que je suis une bibliovore depuis toute petite! Voici une liste pour remonter le temps de quelques pages, de ma plus récente lecture à la plus ancienne encore en tête. Voici une liste de livres dont je me souviens, car j’en oublie souvent et il m’arrive de réaliser à la moitié d’un livre que je l’ai déjà lu. Voici une liste de livres qui m’ont faite, de livres qui m’ont invitée à croire en l’humanité, de livres qui m’ont donné le sentiment de vivre bien plus que la vie elle-même. Voici une liste que j’espère ne jamais terminer:

 

  • Robert Bringhurst, La forme solide du langage, 2011
    Son titre m’a conquise au premier regard et je relis sans cesse son premier chapitre. Il y est question de mots lâchés dans l’océan et d’écrits laissés à la plage.
  • Michael Chabon, The Amazing Adventures of Kavalier & Clay, 2000
    De temps à autre, je rencontre un livre que j’aime avec autant d’affection et de gratitude que si c’était un être humain. Celui-ci est un ami très cher. C’est un comics sans image, un véritable tour de force.
  • Flávio Dias, A bengala de Chaplin, 2016
    Lire dans une langue que l’on comprend à moitié seulement fait de chaque mot un rendez-vous amoureux.
  • Ian McEwan, Solar, 2010
    Il contient une scène dont le personnage principal est un paquet de chips. J’en ris encore à chaque fois que j’y pense.
  • Elif Shafak, Soufi, mon amour, 2010
    J’ai découvert Elif Shafak grâce à un portrait sur Arte, été époustouflée par sa conférence TED et ressens de la tendresse pour ses romans.
  • Orhan Pamuk, Le musée de l’innocence, 2011
    Une histoire racontée à la fois par un livre et par un musée ne pouvait que me séduire.
  • Khalil Gibran, The Prophet, 1923
    Parce que to know the pain of too much tenderness. Si j’avais un tatouage sur le corps, ce serait cette phrase. Mais j’ai suffisamment de grains de beauté.
  • Fabian Negrin, L’amour t’attend, 2009
    Un leporello à déplier sur trois mètres, petit bijou érotique, conseillé à partir de quatorze ans.
  • Ramuz, Derborence, 1934
    Indispensable pour comprendre la Suisse, à mon avis.
  • Lefèvre/Guibert/Lemercier, Le photographe, 2003-2006
    Un chef d’œuvre d’humanisme et d’interdisciplinarité (photographie, bande dessinée, vidéo). Que le grand reportage ne disparaisse jamais.
  • Anne Cuneo, Le trajet d’une rivière, 1993
    J’aimerais tellement rencontrer les héros d’Anne Cuneo! Je suis triste en pensant qu’il n’y en aura plus jamais de nouveau. Son style d’écriture est à mes yeux typiquement suisse.
  • Brassaï, Paris de nuit, 1932
    L’encre qui reste sur les doigts même en tournant délicatement les pages… L’édition originale a laissé des traces indélébiles en moi.
  • Gabriel García Márquez, Cien anõs de soledad, 1967
    Le réalisme magique ou comment faire rêver le monde entier de l’Amérique du Sud. J’en ai rêvé beaucoup. Mais finalement, c’est ma sœur qui habite au Pérou. Je suis partie moins loin.
  • Lechermeier/Dautremer, L’amoureux, 2003
    Les livres pour enfants sont d’une créativité folle dont il serait dommage de se priver! Celui-ci est un trésor, tant par les textes que par les images. Tous les titres du duo Lechermeier/Dautremer le sont d’ailleurs.
  • Siri Hustvedt, What I Loved, 2003
    Ce roman m’a surprise, ce qui est rarissime, et m’a donné encore plus envie d’écrire. Je dévore toujours avec plaisir les nouveaux livres de Siri Hustvedt.
  • Schuiten/Peeters, L’enfant penchée, 1996
    Fascination inépuisable pour ce binôme de la bande dessinée contemporaine. Uchroniquement vôtre.
  • Paul Auster, The Book of Illusions, 2002
    Ma première incursion dans la littérature américaine en version originale, le début d’une longue aventure.
  • Antoine de Saint-Exupéry, Le petit prince, 1943
    On y trouve toujours quelque chose. La version pop up est charmante.
  • Pablo Neruda, Para nacer he nacido, 1978
    Découverte de la littérature sud-américaine grâce à la bibliothèque de ma mère. Les premières pages de ce livre m’ont beaucoup impressionnée à l’époque.
  • Paul Eluard, Le temps déborde, 1947
    Il contient mon poème préféré d’entre tous. Il n’a pas de titre et commence par « vingt-huit novembre mille neuf cent quarante-six ». J’ai eu la chance d’avoir un jour entre les mains un exemplaire du tirage limité de 1947, contenant le faire-part de décès de Nush: ce fut dans mon cœur une collision intime et bouleversante de réalité et de fiction.
  • Louis Aragon, Il ne m’est Paris que d’Elsa, 1964
    Déjà rien que le titre…
  • Pierre Loti, Les désenchantées, 1906
    Istanbul, atemporelle, l’orientalisme et le romantisme, la croisée des cultures. J’ai emprunté ce livre dans la bibliothèque de ma grand-mère et dois toujours lui rendre… Pierre Loti a teinté ma visite d’Istanbul, bien longtemps après la lecture de ses romans.
  • Alfred de Musset, La confession d’un enfant du siècle, 1836
    C’est tourmenté et passionné comme l’adolescence.
  • Léon Tolstoï, Enfance, adolescence, jeunesse, 1852-1857
    Je me demande depuis cette lecture si les choses existent lorsque personne ne les regarde.
  • Paul-Jacques Bonzon, Les six compagnons, 1961-1980
    Le quartier lyonnais de la Croix-Rousse et le chien Kafi font partie de mes souvenirs d’enfance imaginaires.
  • Roger Leloup, Yoko Tsuno, 1972-
    Ma super-héroïne! Elle n’a peur d’aucune situation ni d’aucune amitié.
  • Tsutsui/Hayashi, Aya et sa petite sœur, 1988
    Parce que j’ai une sœur. Parce que le personnage principal du premier livre que je vais publier s’appelle Aya.
  • Chapouton/Bourre, Les lettres de Biscotte Mulotte, 1985
    Dans ma mythologie personnelle, c’est le premier livre que j’ai lu toute seule.